Yokohama, 21 août 2025 (ACP).- La Première ministre Judith Suminwa a fait une grande révélation : « rien que 15% de carrés miniers sont attribués à ce jour en République démocratique du Congo« , lors d’une interview à la presse congolaise jeudi à Yokohama au Japon, où elle représente le Président Félix Tshisekedi à la neuvième édition en cours de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad9).
Face à la presse, la Cheffe du gouvernement congolais a abordé des questions liées, notamment au programme de sa nouvelle équipe qui vient d’être mise en place, à l’offensive diplomatique visant la paix dans la région ainsi qu’aux investissements attendus des partenaires japonais et américains.
En outre, des questions relatives au social des Congolais ainsi qu’à l’appui à la presse nationale appelée à porter haut la voix du pays, ont également été évoquées durant cet échange. Interview :
Questiion 1 :
On a pris les mêmes dans le Gouvernement Suminwa 2 alors qu’il était question de rechercher un second souffle. Qu’est-ce qui a donc changé Mme la Première ministre ?
Première ministre :
« Nous avons non seulement des feuilles de route qui avaient déjà été élaborées lors du gouvernement Suminwa 1 parce qu’évidemment nous n’avons qu’un seul programme d’action du gouvernement. Nous avons commencé l’élaboration lors du suminwa 1 d’un programme d’impact qu’on appelait un programme de résilience, pour booster en fait le programme d’action du gouvernement et ce qui va nous permettre vraiment pour au moins un an, de mettre un accent particulier sur les questions d’infrastructures, sur l’agriculture parce que nous voulons absolument avoir une accélération sur l’autosuffisance alimentaire. Vous avez pu constater que cette année, la crise du maïs qui a régné les années précédentes, notamment dans le Haut-Katanga ou dans le Kasaï oriental, nous ne l’avons pas eue (…) Nous allons travailler dans le cadre du PDL-145 territoires, notamment reprendre le travail avec les routes de desserte agricole, mais les routes provinciales aussi, question de pouvoir assurer une fois que les agriculteurs ont produit, avoir des voies d’évacuation des productions« .
Question 2 :
Est-ce que vous pouvez aujourd’hui garantir aux populations qu’à partir du mois de décembre, où votre arrêté prendra fin au 1er décembre, il n’y aura pas d’augmentation des prix des produits de première nécessité ?
Première ministre : « Donc vous parlez de la loi de finances 2025? Tout à fait. Nous sommes en train de travailler sur la Nouvelle Loi des Finances 2026 et c’est une discussion que nous aurons avec les élus du peuple parce que vous savez, quand par exemple on donne des exonérations, qu’on donne des facilités, notamment ce qui a été fait dans un décret comme facilité pour les entrepreneurs qui sont à l’Intérieur du pays et qu’il nous a été demandé par les élus du peuple de voir comment aider ces personnes qui travaillent pour avoir un revenu et ramener un certain nombre de ressources et notamment des ressources alimentaires en RDC ».
Question 3 : L’opinion congolaise attendait un gouvernement resserré avec un nombre réduit des ministres comme le Président de la République l’a fait dire lorsqu’il a réuni les cadres de l’Union sacrée, alors que cela n’a pas été le cas à la formation du gouvernement. Est-ce que pour un pays comme la RDC, il est difficile, Madame la Première Ministre, d’avoir un gouvernement de moins de 40 ministres ?
Première ministre : « Quelle est la vraie problématique avec un gouvernement pléthorique qui peut-être pourrait répondre, si réduction il y avait, à la problématique de la réduction du train de vie de l’exécutif ? Je ne vais pas encore entrer dans la question de la réduction du train de vie de l’exécutif, mais je dirais que si vous regardez les pays qui nous entourent, certains pays, à proportion gardée, ont un nombre important de membres du gouvernement. Maintenant, n’oublions pas, et je l’ai dit au début, nous avons le devoir de respecter la répartition politique au sein de l’Assemblée, cette représentativité. Nous avons le devoir de pouvoir la respecter et en même temps, nous avons aussi à regarder un certain type de profit que nous avons besoin au sein du gouvernement ».
Question 4:
Peut-être que le gouvernement garde ça en secret. La situation dans l’est du pays semble être une forme de balkanisation qui ne dit pas son nom. On a l’impression que nous avons atteint les limites de la diplomatie parce qu’au niveau de la diplomatie, ce sont les résolutions des Nations-Unies, le Conseil de sécurité, mais sur le terrain, tout ceci n’est pas appliqué. Dans ces parties-là, c’est une autre administration, on nomme même les consuls (…(Est-ce que quelque chose va se passer ? Le pays va-t-il retrouver sa solidarité ? Sinon, la guerre peut-elle encore une fois, une solution à envisager?
Première ministre :
« Écoutez, la guerre est déjà là. Sinon, ce qui se passe sur le terrain à l’Est, c’est une guerre (…) Maintenant ce que vous voulez, c’est de déporter la guerre en dehors de nos frontières. Ça c’est un autre débat(…) Nous avons perdu quelques territoires en République démocratique du Congo, mais ce n’est pas la fin. C’est vrai que nous avons compté sur la diplomatie. La diplomatie a joué parce qu’il était important d’arriver à nommément indiqué qui était l’agresseur. Je pense que c’est un élément important que nous avons réussi à travers la diplomatie agissante du chef de l’État et du gouvernement, à travers notamment la ministre d’État aux Affaires étrangères. Maintenant, je pense qu’il est important de continuer le processus de paix. Nous avons eu les résolutions des Nations-Unies , la 2073, au niveau du Conseil de sécurité. Nous avons eu un certain nombre de résolutions au niveau de l’Union africaine, au niveau de la SADC, comme la EAC, mais c’est vrai que cela n’a pas suffi. La raison pour laquelle nous avons, avec l’appui des Etats-Unis d’Amérique, du Président Trump, été dans les accords de Washington signés entre le gouvernement congolais de la République démocratique du Congo et le gouvernement rwandais (…)Le gouvernement de la République démocratique du Congo tient à l’intégrité de son territoire et à sa souveraineté. Et c’est vers ça qu’on va aller. Et normalement, on devrait bientôt aller, je l’espère, vers une rencontre des deux chefs d’État, le Président Tshisekedi et le Président Kagame à Washington. Mais cela va se faire évidemment sous un certain nombre de conditions dont je n’ai pas parlé ici ».
Question 5 :
Vous écoutez souvent votre peuple Madame la Première ministre ? Qu’est-ce qu’ils pensent de votre nouvelle équipe gouvernementale ?
Première ministre : « Bon, il y a des gens qui sont heureux, il y a des gens qui sont positifs, quelques-uns ne le sont peut-être pas. Mais bon, il faut laisser le temps à cette équipe de faire le travail, de prouver de quoi ils sont capables ».
Question 6 :
Madame, vous avez rencontré le Premier ministre japonais, nous sommes ici à Yokohama, au Ticad9. On a l’impression que le Congo a mis les paquets, les grands paquets aujourd’hui pour être cohérents, pour être à la page du défi.
Qu’est-ce que le Japon est prêt à faire réellement pour le Congo?
Première ministre :
« Écoutez, déjà ça, nous avons gagné quand j’étais ici il y a quelques mois. Nous avons eu à signer un accord pour l’exploitation du manganèse dans le Kongo central. Et donc, nous sommes toujours en contact avec cette entreprise japonaise pour assurer que le démarrage des activités se passe correctement et dans ce démarrage d’activités, particulièrement pour cette exploitation de manganèse (…)ça ne va pas se faire en défaveur de la population, mais au contraire, cela va jouer vraiment en avantage pour cette population qui pourra bénéficier de l’emploi, qui pourra bénéficier de formations professionnelles, pour être recruté pour des métiers particuliers dans ces entreprises, mais il va y avoir aussi un certain nombre de travail ou davantage d’intérêts collectifs qui vont être apportés. Hier, il y a eu la signature d’un MOU entre une organisation gouvernementale japonaise qui travaille notamment dans le secteur minier et énergétique. C’est un MOU qui va permettre aussi de voir comment les Japonais vont pouvoir travailler en République démocratique du Congo dans le secteur minier. Vous savez, actuellement, au niveau du secteur minier, quand on regarde au niveau du cadastre minier, toutes les parcelles minières qui sont disponibles, aujourd’hui il n’y a que 15% qui ont été octroyées, malgré ce que les gens ont tendance à penser.
C’est ça la réalité. Et donc il y a encore de l’espace, mais le plus important aujourd’hui, c’est qu’avec le Japon, nous pouvons aussi élargir notre partenariat, le diversifier, parce que c’est ce que nous recherchons. Et le mot d’ordre que nous avons, ce que nous disons à nos partenaires japonais, c’est que si vous venez par exemple pour les mines, nous voulons travailler avec vous dans un partenariat gagnant-gagnant en allant vers la transformation des minerais en République démocratique du Congo. Et c’est dans ce cadre-là que nous pourrons créer encore plus d’emplois. Autre chose, il y a aussi l’expérience que nous pouvons tirer, notamment du Japon, tant en termes d’agriculture, tant en termes de formation professionnelle, parce que nous avons eu à rencontrer, et je pense que vous l’avez vu aussi, le développement qu’ils ont en termes de nouvelles technologies de l’information ou bien d’intelligence artificielle. Il ne faut pas voir l’intelligence artificielle seulement du mauvais côté, parce que ça peut jouer aussi des tours, nous avons eu à le constater en République démocratique du Congo, mais il faut vraiment regarder comment nous allons pouvoir tirer profit de cette expérience qu’ont les japonais pour pouvoir mieux développer notre pays. Aujourd’hui, Je viens de visiter un certain nombre de stands dans le cadre de la TICAD d’entreprises japonaises. On a vu certaines personnes qui viennent avec un certain nombre de produits qui peuvent nous aider dans l’agriculture (…) Demain, par exemple, nous aurons encore un autre accord qui sera signé entre une start-up qui travaille dans la télédétection et le service national géologique. Il y a pas mal aujourd’hui d’actions qui sont en train d’être menées pour assurer l’avenue d’investisseurs japonais en République démocratique du Congo et c’est grâce au secteur privé, comme on a l’habitude de le dire avec le chef de l’État, que nous allons pouvoir créer le total de 6 millions d’emplois rechargés« .
Question 7 :
Les Japonais pourraient venir investir dans le secteur, mais quand on parle de mine, on parle d’énergie. Est-ce que vous avez pu prendre quelque chose pour le secteur énergétique ?
Première ministre :
« En tout cas, dans les discussions que nous avons eues, que ce soit au niveau du Premier ministre ou que nous allons aussi avoir demain avec JICA, l’agence de coopération japonaise, il y a le programme INGA dans lequel le Japon est vraiment intéressé. Vous savez, nous avons relancé ce programme avec la Banque mondiale. Nous allons travailler sur INGA3, mais c’est un programme aujourd’hui qui est vu pas seulement pour pouvoir produire de l’électricité et le ramener au Haut-Katanga ou il y a une production minière, mais vraiment comment on va pouvoir donner non seulement de l’électricité aux populations qui sont dans le Congo central, mais aussi travailler sur la relance au niveau communautaire du Congo central, mais aussi de toutes les communautés sur lesquelles vont pouvoir passer les fils électriques, comme on a l’habitude de le dire, et donc ce programme dans son ensemble, dans les discussions que nous avons déjà eues avec la Banque mondiale, c’est de voir, en attendant, de pouvoir avoir la réalisation du programme INGA, parce que la finalisation des études, ainsi que les études environnementales et le démarrage des travaux dès qu’on a l’ensemble des financements, peut prendre une dizaine d’années si pas plus, c’est de travailler à des solutions alternatives d’électrification du pays parce que ça permettrait justement de booster le développement à travers l’industrialisation ou d’autres activités économiques« .
Question 8 :
Nous sommes ici au Japon. Au niveau international, les relations entre Kinshasa et Tokyo semblent aujourd’hui s’améliorer. Nous sommes de nouveau éligible aux aides du Japon après un grand moment d’absence dû notamment au non-paiement de dettes et à une certaine mauvaise gouvernance. Le Japon renoue avec le Congo, les États-Unis veulent avoir un nouveau contrat, mais dans tous les cas, ces pays, vos interlocuteurs, parlent de lutter absolument contre la corruption.
Vous avez nommé un nouveau ministre de la Justice. A-t-il un mandat particulier ?
Que pouvez-vous annoncer de plus à faire dans le secteur ?
Première ministre :
« Vous savez, quand on parle d’investissement, que ce soit avec les Américains ou avec les Japonais ou avec tout autre partenaire, puisque nous parlons de diversification de notre partenariat, on parle de l’amélioration du climat des affaires. Ce n’est pas quelque chose de nouveau dont on parle, c’est quelque chose qui revient. On a notre plan d’action à ce niveau-là, avec un certain nombre de réformes à mener. Et dans ces réformes, il y a notamment, évidemment, la lutte contre la corruption, c’est vrai que le nouveau ministre d’État au niveau de la justice aura à travailler sur cela. C’est vraiment un point sur lequel on doit prêter une attention particulière, mais il faut aussi savoir que quand on parle de corruption, on parle de corrupteurs et de corrompus. Et donc il faut le regarder dans son ensemble. Raison pour laquelle, même quand on regarde nos différents services, si aujourd’hui, au niveau de la fonction publique, on est en train de travailler pour une amélioration de la rémunération des travailleurs, si aujourd’hui, nous avons cette Caisse nationale de sécurité des agents et fonctionnaires de l’État. C’est pour permettre, au fur et à mesure qu’on évolue, de mettre les fonctionnaires dans les bonnes conditions, qu’ils ne soient plus des personnes qui peuvent être susceptibles d’être corrompues. Ça, c’est déjà un premier pas, parce que ça va beaucoup changer dans l’environnement dans lequel on se trouve. Mais l’autre chose aussi, c’est au-delà de l’action qui sera menée dans cette lutte contre la corruption. Il y a toute une action de sensibilisation où chaque Congolais doit être responsable aussi de ce qu’il veut que le Congo soit demain. Le gouvernement devra faire sa part. Ce n’est pas facile, mais aussi le Congolais lui-même en tant qu’individu, doit se poser la question de ce qu’il veut que le Congo soit demain. Et pour ça, chacun devra jouer sa partition. Le gouvernement, absolument, on n’a pas le choix. Mais il faudra aussi qu’on ait un effet d’entraînement avec la population. Mais ça, c’est ce qui se passera aussi, notamment, avec l’éducation. Parce qu’à partir du moment où on va apprendre à nos enfants d’être des bons patriotes, en étant bons patriotes, Il y a aussi cette question de corruption dont il faudra parler et assurer que demain elle ne soit plus quelque chose. Si corruption existe, est-ce qu’on est conscient, est-ce que le gouvernement est conscient, est-ce qu’il y a urgence de mettre un terme, pas seulement à la corruption des fonctionnaires, mais aussi à la corruption des politiques ? ».
Un artiste congolais a récemment déclaré « que beaucoup d’investisseurs reboutent ce chemin parce qu’à chaque arrivée, certains mêmes membres du gouvernement, demandent leur part pour toute création de société. En tout cas, moi, mon message est clair. Je le dis à tous les membres du gouvernement, comme l’a déjà indiqué le chef de l’État. Pour nous, au niveau du gouvernement, il ne sera pas acceptable d’avoir ce type de comportement. Et cela est très clairement dit. Et je le dis à tous les partenaires que je rencontre. Si un individu vient vous parler de corruption, qui vous demande quelque chose en échange, d’un service qu’il est censé vous rendre, vous me le dites. Sur ce, par-là, je ne veux même pas transiger. Ce n’est pas acceptable. Si nous voulons développer ce pays, nous devons apprendre à nous comporter correctement et nous devons éviter justement d’ avoir encore aujourd’hui des méthodes ou des attitudes qui ne permettront pas aux investisseurs de venir dans notre pays et qui ne permettront pas de convaincre nos partenaires pour convaincre ou d’aller au-delà de ça« .
Question 9 : Madame, dans cette phase importante où le pays est en train de chercher sa souveraineté et son identité, la presse a un rôle important à jouer dans la sensibilisation de l’environnement public. Mais cette presse est laissée pour compte, par exemple, ça fait quatre budgets, l’aide à la presse ne vient pas. C’est comme si nous étions des pestiférés. La presse, on lui demande tout et on ne lui donne rien. Peut-être qu’il y a des choses qui se font. Encore une fois, il faudra nous les informer. Depuis 2012, on a parlé de l’aide à la presse. On avait même parlé d’un montant qui devait être dans les budgets de l’État pour que cette presse sorte des marécages de la misère où est-ce qu’elle se trouve aujourd’hui. Vous venez d’avoir un nouveau gouvernement. Est-ce que la presse peut compter sur le gouvernement pour que le gouvernement puisse compter sur la presse ?
Première ministre :
« Je pense que la presse et le gouvernement nous sommes des partenaires. Maintenant, entre partenaires, il va falloir se mettre d’accord sur ce qu’on veut. La presse a un rôle à jouer et je pense que ce rôle est de donner les informations, les analyser, les traiter de manière objective. Et au gouvernement de donner l’information qui se doit, l’information correcte à cette presse pour qu’elle puisse la relayer en faisant ses analyses, bien entendu. Maintenant, la question du budget, c’est une chose. On va voir, j’espère que cette fois-ci, on pourra vous donner cet espace-là en termes budgétaires. Mais vous savez que nous avons eu même à avoir un collectif budgétaire pour réduire le budget parce que face à la guerre, évidemment, nous ne pouvons pas avoir toutes les ressources que nous aurions voulu pour le mettre dans le développement. Et la liberté de la presse fait partie de ce développement-là. Maintenant, au-delà de ça, la question que je me pose, c’est combien il va falloir mettre dans le budget pour la presse pour assurer que cette presse devienne vraiment une presse indépendante mais objective. Est-ce que c’est ça qui va résoudre le problème au niveau de la presse? Je me pose la question. C’est un débat. Oui, c’est un débat. C’est un débat. Est-ce que vous êtes sûr que dans d’autres pays en développement, c’est cette manière-là qui permet à la presse de subsister. Je pense que c’est un débat. On pourra discuter de cela en long et en large. On n’aura pas fini la discussion ici. Autant je dis, travaillons pour qu’on puisse s’assurer. Mais maintenant, il ne faudrait pas qu’une fois qu’on met une ligne de crédit, que ça devienne tout un débat au niveau de la presse. Qui aura et qui n’aura pas, etc. Parce que là aussi, il faut que la presse puisse être organisée de telle manière que demain ce ne soit pas une lutte fratricide au sein de la presse, mais en même temps à nous de voir maintenant en tant que gouvernement comment nous pouvons accompagner cette presse sans pour autant donner l’impression que nous l’achetons, mais plutôt que nous travaillons en parfaite collaboration en tant que partenaires qui se respectent« .
Question 10 : Autre sujet abordé au cours de ces assises ici à Yokohama, c’est des thématiques liées notamment à l’agriculture et à l’éducation puisqu’il faut créer des solutions, notamment on a besoin de l’agriculture pour nourrir les enfants. Comment capitaliser ce secteur pour bénéficier de l’expertise du Japon ?
Première ministre ;
« Ça c’est d’abord pour le côté agriculture. Et pour l’éducation, la RDC fait un pas, vraiment un très bon pas, notamment dans les 145 territoires, en construisant des écoles ».
Question 9:
Comment reprendre le modèle japonais pour améliorer ce qui est déjà fait dans ce secteur ?
Première ministre :
« Déjà, pour les deux secteurs, que ce soit l’agriculture ou l’éducation, c’est de voir comment profiter, capitaliser de l’expérience du Japon en la matière et permettre ce partage d’expérience avec la République démocratique du Congo. Une chose est sûre, dans ce partage d’expérience, il y a à voir aussi toutes les solutions qu’eux ont eu à utiliser d’un point de vue technologique. Je vous ai dit que nous avons visité des entreprises qui ont aujourd’hui un certain nombre de matériaux ou de produits qui permettent de développer, de mieux irriguer, etc. Donc, nous pouvons vraiment tirer profit de cela, mais nous pouvons aussi tirer profit de cette expérience japonaise en termes de formation, comment mieux former nos nos agronomes, etc., pour permettre vraiment que ce métier, qui devrait être un des métiers nobles en RDC, parce que, comme l’a dit le chef de l’État, aujourd’hui, on voudrait avoir la revanche du sol sur le sous-sol, et pour ça, il faut cultiver la terre. Donc il nous faut des agronomes qui soient suffisamment formés, mais aussi qu’ils puissent avoir le maximum d’équipements qui vont aider justement tous les petits agriculteurs à pouvoir produire ce qu’il faut pour l’autosuffisance alimentaire. Ça c’est une autre chose. Au niveau de l’éducation, évidemment, il y a non seulement une question de civisme important à inculquer à nos enfants, mais aussi c’est la qualité du programme qu’on veut leur donner. Aujourd’hui, Madame la ministre d’État en charge de l’Education nationale, pour ne parler que du primaire, est en train de travailler sur cette amélioration du programme que nous donnons aux enfants avec le PDL… C’est une question de construction, d’infrastructures, de bancs, etc. Il y a encore du travail à faire sur ce point-là. Mais maintenant, il faut vraiment qu’on mette l’accent sur la qualité, en regardant non seulement l’amélioration des conditions de travail de l’enseignant, mais aussi en regardant, comme je l’ai dit, la qualité. Et dans cette qualité, il y a cette amélioration dans le cadre du contenu, mais aussi en termes de technologie. On a décrié, certains d’entre vous en tout cas, on décriait le fait qu’on ait pu commencer à voir les résultats de l’examen d’état rapidement. Mais c’est juste l’intelligence artificielle qui a été utilisée. Elle a été utilisée à bonne issue et de manière positive. Et donc, ça a été un test pilote que l’on va pouvoir continuer parce que ça n’a pas été fait sur toute l’étendue des territoires. C’est certaines provinces éducatives qui ont pu bénéficier de cela, mais maintenant qu’on a pu voir comment ça fonctionnait, que ça a bien marché, c’est vraiment de l’étendre sur l’ensemble des provinces éducationnelles du pays et assurer que les prochaines années au moins on aura des résultats d’examens d’état fiables qui permettraient maintenant d’avoir à l’université ou dans les instituts supérieurs ou dans les instituts techniques, technologiques, des étudiants qui auront des résultats à temps pour pouvoir accéder à temps à l’ouverture de l’année académique. Et je pense que ce sont des éléments importants. Et encore une fois, et je le répète, c’est le travail qui est en train d’être fait en termes de contenu, en termes de qualité du programme qui va nous permettre d’avoir un boost. Parce qu’aujourd’hui, il faut voir comment on va former nos enfants. Et dans cette formation, quand on regarde en termes de métiers dont on aura besoin dans l’avenir pour développer notre pays, On ne devra pas seulement regarder l’université ou
de ce qui a été indiqué. Je pense que vous avez vu le compte rendu du premier conseil des ministres de ce gouvernement et donc la communication du chef de l’État. Nous avons non seulement des feuilles de route qui avaient déjà été élaborées lors du Suminwa 1 parce qu’évidemment nous n’avons qu’un seul programme d’action du gouvernement. Nous avons commencé l’élaboration lors du souminwa1 d’un programme de résilience pour booster en fait le programme d’action du gouvernement et ce qui va nous permettre vraiment pour au moins un an de mettre un accent particulier sur les questions d’infrastructures. sur l’agriculture parce que nous voulons absolument avoir une accélération sur l’autosuffisance alimentaire. Vous avez pu constater que cette année, la crise du maïs qui a régné les années précédentes, notamment dans le Haut-katanga ou dans le Kansai oriental, nous ne l’avons pas eue. Tout simplement parce que c’est vrai, nous avons eu recours à l’importation du maïs, mais nous avons eu aussi une production locale de maïs, donc c’est vraiment un accent sur l’agriculture que nous voulons avoir. Nous allons travailler dans le cadre du PDL pour commencer, j’ai parlé d’infrastructures, reprendre le travail avec les routes de dessertes agricoles, mais les routes provinciales aussi, question de pouvoir assurer une fois que les agriculteurs ont produit, on peut avoir des voies d’évacuation pour les produits. Et un autre programme, au-delà évidemment de tout ce qui reste dans l’OPAG comme l’éducation, la santé avec la couverture santé universelle qui va continuer, nous allons mettre aussi un accent particulier sur la ville de Kinshasa qui est la capitale, le centre des institutions et on ne peut pas continuer à regarder Kinshasa dans l’image qu’elle projette aujourd’hui. Il nous faut montrer que le gouvernement fonctionne, que le gouvernement a des actions et cela se voit aussi par le fait que Kinshasa va devoir changer d’image. Puisque vous avez parlé en termes de résultats du prix du maïs, oui, les prix ont considérablement diminué ».
Question 11 :
Mais tout cela est dû à votre arrêté qui court sur une période d’un an et qui, en fonction du budget 2025, ne peut pas être renouvelé.
Est-ce que vous pouvez aujourd’hui garantir aux populations qu’à partir du mois de décembre, où votre arrêté prendra fin au 1er décembre, il n’y aura pas d’augmentation des prix des produits de première nécessité ?
Première ministre : « Je vais vous poser une question. Vous avez dit que je ne pourrais plus reprendre un tel. D’abord, ce n’était pas un arrêté, c’était un décret. Mais vous dites que je ne pourrais plus le reprendre. Pourquoi? Parce que dans le budget, il a été notifié que certaines taxes ne pourront plus être exonérées du fait du gouvernement, mais du Parlement. Donc vous parlez de la loi de finances 2025. Tout à fait. Nous sommes en train de travailler sur la Nouvelle Loi des Finances 2026 et c’est une discussion que nous aurons avec les élus du peuple parce que vous savez, quand par exemple on donne des exonérations, qu’on donne des facilités, notamment ce qui a été fait dans un décret comme facilité pour les entrepreneurs qui sont à l’aise du pays et qu’il nous a été demandé par les élus du peuple de voir comment aider ces personnes qui travaillent pour avoir un revenu et ramener un certain nombre de ressources et notamment des ressources alimentaires en RDC et particulièrement à l’Est. C’est les élus qui l’ont demandé et donc il y a toute une discussion qu’on aura avec eux dans le cadre de la loi de finances de 2026 et je pense que ce type de barrières pourront être levées parce qu’il est important que le gouvernement puisse savoir cette capacité, cette flexibilité, en fonction du contexte dans lequel on se trouve, de pouvoir donner un certain nombre de facilités aux entrepreneurs qui travaillent dans notre pays« . ACP/C.L.
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