Est de la RDC : les restrictions contre les médias par les rebelles du M23 dénoncées

Kinshasa, 21 août 2025 (ACP).- Les menaces proférées à l’encontre des médias opérant dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), par les responsables du mouvement armé AFC/M23 ont été condamnées jeudi par une organisation de la Société civile, dans un communiqué.

« En imposant une censure politique et idéologique, et en cherchant à faire taire les voix divergentes, le mouvement AFC/M23 s’attaque directement à l’intégrité du travail journalistique et met en péril la sécurité des journalistes dans une zone déjà marquée par l’instabilité », a indiqué l’ONG Journaliste en danger (JED)

A en croire cette organisation, qui a exprimé sa vive préoccupation face à ces actes, les informations recueillies par elle indiquent que M. Lawrence Kanyuka, chef du département de la communication, des médias et des postes de l’AFC/M23, a tenu une réunion le lundi 18 août 2025 avec des responsables de radios, télévisions et médias en ligne à Bukavu, au cours de laquelle il a proféré des menaces de fermeture à l’encontre des médias non conformes à une réglementation imposée unilatéralement par ce groupe armé.

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« Lors de cette rencontre, les représentants des médias ont été sommés de se plier à une nouvelle note circulaire n°33 imposant une redevance annuelle, une autorisation de fonctionnement et une assignation de fréquence. Un détachement d’inspection serait même prévu dans les jours à venir pour forcer l’application de ces mesures, sous menace de fermeture pure et simple des médias qui refuseraient de s’y conformer », a indiqué la source.

« Plus préoccupant encore, les médias ont été interdits de relayer toute information jugée favorable au régime de Kinshasa, aux Forces armées de la RDC (FARDC) ou aux Wazalendo, sous prétexte du +principe de réciprocité+ vis-à-vis des restrictions imposées par les autorités congolaises », a précisé JED dans son communiqué.

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Pour cette ONG de promotion et de défense de la liberté de la presse établie en RDC, ces décisions du mouvement rebelle AFC/M23 sont considérées comme « une ingérence inacceptable et illégale dans le fonctionnement des médias, en violation flagrante des principes fondamentaux de la liberté de la presse, du pluralisme de l’information et du droit du public à être informé de manière équilibrée et indépendante ».

L’organisation a, par conséquent, exigé le retrait immédiat de toutes les mesures coercitives imposées aux médias par l’AFC/M23 ; la fin des menaces et intimidations contre les professionnels des médias opérant au Sud-Kivu ; ainsi que le respect du droit à l’information et de l’indépendance éditoriale des médias, même dans les zones sous contrôle de groupes armés.

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Elle en a appelé à la communauté internationale, aux organismes de défense de la liberté de la presse, ainsi qu’aux partenaires de la RDC, à « se mobiliser face à cette dérive autoritaire qui aggrave les risques pour les journalistes dans l’est du pays ».

« La liberté de la presse ne peut être suspendue par des groupes armés. Elle est un droit fondamental qui doit être respecté partout, y compris dans les zones de conflit », a insisté JED.

ACP/C.L.

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